littérature

Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /2009 18:25

 

Lionel Ray (link) : Le poète français qui interroge sans cesse le sablier du temps, a vu l'année 2008 lui sourire sans question. Le Grand Prix de la critique lui sera décerné, pour son recueil d'essais "Le Procès de la vieille dame", éd. de la Différence (2008). A travers les portraits des poètes d'hier et d'aujourd'hui, on découvre le reflet de Lionel Ray - c'est un miroir composé, c'est un Je vu et vécu à travers l'Autre, à travers d'autres poètes. "Nos lectures sont nos miroirs où s'inscrivent les aventures de l'esprit (...) l'ancien et le nouveau tout ensemble puisque aussi bien le moderne n'a de chance de survie que s'il garde la mémoire du passé." Quant au titre du livre, Lionel Ray nous indique que le procès qui souvent a été fait contre la Poésie, en la désignant mourante ou morte, c'est ce procès qu'il dénonce. Lionel Ray a reçu le Prix Goncourt de poésie (1995) pour son recueil de poèmes Comme un château défait (Gallimard, 1993), le Grand Prix de poésie de la Société des Gens de Lettres (2001) pour Pages d'ombre (Gallimard, 2000) et beaucoup d'autres prix. La partie principale de son œuvre - une quinzaine de recueils de poèmes - est disponible aux éditions Gallimard.
Lionel Ray répond aux questions de Sumana Sinha- Entretien en collaboration avec AuteursTv ( link ) et Les éditions de la Différence (link)...

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : L'âme du poète
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /2008 16:18

Michel Butor
envoyé par auteursTV
Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : Au fil des mots
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 01:45
 


il faisait chaud ... le ciel stagnant.... elle trébuchait sans cesse sur le même morceau de sa musique à lui... le même rythme ... la même vitesse...  et maintenant il se contrôle et se plonge plus profond ... il trouve son chemin dans le sable mouvant, dans le marécage... elle est une fleur carnivore... elle ne veut pas le lâcher... elle éclate de rire et il éclate de rire et ils ne savent pas qui est en train de dévorer qui ... qui est en train de tuer qui... la peau brille comme le soleil brûle ... s'il pleut, elle sera trempée, ils seront trempés... ils recommenceront à jouer avec sa main à lui et le décolleté en broderie blanche à elle...


 

nous ne sommes pas seuls même lorsque nous le sommes, physiquement - nous sommes la continuation des moments, la compilation des Autres... la pureté, dans ce sens, est une aspiration du moyen-âge - nous sommes, je suis, un collage, un cocktail, un patchwork, une potion magique de tant de pensées, rêves, mots, regards, chuchotements, silence, attente, désir des Autres...

les mots sont comme les échos, toujours; ils vous suivent, vous et vos émotions; ce n'est pas comme se plonger directement dans l'eau et sentir la fraîcheur; ce n'est pas comme danser en short en jean et sentir les perles d'émeraude sur votre peau tandis que d'innombrables langues dorées de la lumière glissent sur vous de la tête jusqu'aux pieds... ce n'est pas comme toucher l'espace granuleux de la toile et l'éclabousser avec de la peinture... non dans l'action, mais en réaction, les mots.... pourtant... comme vous vous laissez emporter... le rythme vous attrape.... les mots à flot ... et vous nagez et vous dansez et vous caressez et vous souriez et vous désirez ... encore plus.... lorsque vous écrivez....

...



lorsque j'écris, maintenant, assise jambes croisées sur ce fauteuil, en face de la structure en verre-acier-transparente-ouverte, mon ordinateur portable pesant sur mes cuisses, les chauffant, créant des tatouages éphémères sur ma peau chocolatée brillant du bain, mes bras nus à peine movant, seulement mes mains, en mouvement, les doigts traçant les lettres sur le clavier... ce n'est que cette partie de moi est concernée lorsque j'écris - est-ce que je ressens quelque chose, la moindre des choses, tout, partout, ailleurs ?  quelque part au fond de moi ? lorsque j'écris, ces mots, ariel black sur le support d'overblog, sont-ils prononcés à l'intérieur de moi ? où sont-elles les cordes vocales ? ce que je ressens et ce que j'essaie de lui faire ressentir n'est-il que l'absence ? tout ce qui manque, tout ce qui n'est pas son ni odeur ni toucher ni regard ni sourire ni hurlement fusionnés dans une brume devenu l'attente étouffant sous la gorge l'aggripe avec son intensité et son absurdité amusée  et l'absence est transformée en mots, le desir pour le desir est devenu le desir en soi et du vide se réveillent maintenant les mots...

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : Au fil des mots
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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /2008 18:51

Fenetre sur l'abîme
envoyé par sumana7

Ce que les mots dévoilent...
Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /2008 22:08
 


Après le service de presse, après les "Très cordialement" et "En cordial hommage", et quelques rares essais d'originalité du genre "En lisant - En écrivant", je me munis de deux paquets bien lourds de ma part des exemplaires et me dirige vers la bouche du métro. Dans le wagon je les pose par terre, ma fenêtre et mes abîmes. Pendant le trajet où mes cheveux tombent sur mes yeux sans cesse à chaque coup de vent et qui m'empêchent de voir, mes paquets tombent et s'écroulent à chaque arrêt et à chaque départ, je ne m'aperçois pas vraiment de ce qui se passe autour de moi, c'est-à-dire que je n'ai aucun sens du réel de ce wagon sinon comme un brouillard dense et mouvant et agitant tombée au milieu duquel je cherche à voir à travers le voile noir de mes cheveux et j'essaie de rattraper mes paquets à chaque arrêt et à chaque départ.

Lorsque je m'assieds enfin et trouve une pose assez digne de celle qui vient de terminer son service de presse - mains croisées sur le sac d'été et le regard indifférent derrière les lunettes de soleil - je tourne, désinvolte, ma tête à gauche et vois, quoi ? un monsieur, d'origine subsaharienne, et si l'on se donne le droit de juger l'autre par son apparence, d'un milieu assez modeste, peut-être un ouvrier sur le chemin de retour chez lui, est en train de feuilleter mon roman ! Sans doute tombé par terre, il fut ramassé par notre subsaharien ouvrier sur le chemin de retour. Un sourire traduit l'approbation mutuelle - lui, en lisant, moi, en écrivain. Avant de descendre il me fait le geste de triomphe avec son pouce levé...

Deux jours après, je retourne à la Différence - pour une tête à tête avec Colette Lambrichs - éditrice ensemble avec Joaquim Vital. Sortant de la rue Ramponeau, tournant à droite, je veux aller vers le métro...et voilà que je suis arrêtée par un passager. En guise de bonjour il soulève et me montre son appareil photo, pendu sur sa poitrine, m'explique qu'il monte un projet de photos des passagers à Paris - ce sont les passagers qui font un quartier - les nomades qui définissent un espace - m'explique-t-il. Il faut dire, ici, que j'étais habillée en jupe en soie bleue florale et en débardeur jaune perroquet sur quoi ondulait un collier multi-rangs en émeraude. Au coin de la rue Ramponeau, je souris devant l'appareil photo pour une bonne cause - et, cela va de soi, l'artiste approuve mon roman, cette fois non seulement avec son pouce levé, mais en quelques mots polis et nacrés. Au dernier moment une voiture s'arrête devant cette scène - c'étaient Joaquim et Colette - la séance photo entre deux bouches du métro s'achève en un éclat de rire.

Ce soir je vais voir Pape. Subsaharien, c'est une longue flèche plantée sur le sol, c'est un polytechnicien, en année sabbatique pour participer au mouvement écolo. Lorsqu'il tâchait de me convaincre de remplir un simple bulletin qui pourrait sauver une famille de pandas, comme celui sur le bras de son tee-shirt orange, il découvre mon paquet de livres. "C'est bon, ce que tu lis ?" - "J'espère ! Puisque c'est moi qui l'ai écrit -" Et voilà qu'après avoir discuté une bonne vingtaine de minutes sur la place chauffée par le soleil têtu de la fin du jour, il souhaite en acheter un exemplaire pour offrir à sa chère épouse.

Pape et sa femme -  je saurai son prénom ce soir - rentrent au Canada ce vendredi.

Ils n'ont volé aucun avion - nous ne volons plus d'avion - nous ne colorons plus les avions volés en couleurs frénétiques de la joie et de la désinvolture - des rebelles naïves - nous colorons nos espaces virtuels myspaces et facebook -
Nous volons au-delà des villes et des frontières tout de même
Nous retrouvons chacun notre Zabriskie Point
Nous nous retrouvons à Zabriskie Point

 

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : Au fil des mots
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /2008 15:24


 






Enfin rentrée de l'Espagne ! Trois jours à Cartagena - ville construite sur des ruines romaines.

De l'aéroport d'Alicante la voiture officielle du Festival de Jeunes Talents de la mairie de Cartagena m'emmène vers le soleil doux, le vent frais à la tombée de la nuit, les rues lentes et les cafés-terrasses tardives. Alberto, l'adjoint du responsable culturel de la mairie de Cartagena m'accueillit avec Iris, l'interprète - tous deux tout jeunes - dans le bar vide de l'hôtel on discute de la polémique de la féminisation de certains termes tels "écrivain", "poète", "ministre" - la vraie question est-elle dans les mots ? Les maux, s'apaisent-ils ainsi ?
Javier l'éditeur, Patricio le responsable de l'activité culturelle, m'accompagnent dès le lendemain matin. Première rencontre avec la presse autour du petit-déj - télé/radio/journaux/jus de fruits/pains au chocolat...

Ballade ensuite près de la mer, tourisme culturel, car la ville entière qui est engagée pour ce festival artistique-littéraire, ne se limite pas aux salons et aux salles de conférences - elle est étendue dans les rues et devant la mer. Juan delGabo nous fait vivre l'instant d'angoisse, de peur, d'espoir noyé et de mort trop injuste des immigrants venus de l'autre côté de la mer - dans les bateaux clandestins : dans une boîte dressée sur la plage le spectateur est face à un écran où monte et meurt la mer au pied des fugitifs, eux disparus, absents, désormais un tas énorme de chaussures bloque la vue, et le bruit orageux de la mer étouffe l'air.
On fait un virage dans d'autres salles d'expo - dans le Pabellón de Autopsias : étonnante œuvre de Javier García Herrero, peintre de 25 ans - ses tableaux sont joyeux de couleur, complexes et profonds d'humour noir, souvent les phrases ou fragments de mots prennent forme, deviennent espace, objets, collage...peinture.

Après le déjeuner vers 15h, je remonte à ma chambre d'hôtel - j'aime sentir le carrelage frais de la salle de bain sous mes pieds nus encore chauds du jour -
Vers 18h rendez-vous à la radio - devant la présentatrice, Javier, Patricio et moi, nous décidions sur place notre modus operandi; elle, devant son micro, délaisse soudain la courtoisie feutrée, ne cache pas son émerveillement. On enchaîne un autre entretien radio - cette fois via téléphone. Puis un entretien télé -

La lecture principale de notre recueil de poésie bengalie en espagnol a eu lieu dans une des ruines romaines, aménagée en espace culturel, couvert d'un toit de verre, à travers lequel le ciel et les passagers se penchaient vers nous. L'interprète Iris lisait la version espagnole - accompagnée d'une flûtiste, dès le deuxième poème, j'oublie le cadre, mon devoir de charmer, mon besoin de charmer, j'entre dans la peau de chaque poème, vaguement illuminée par la lueur des regards des gens devant moi, je nageais heureuse dans les vers...

Et le bonheur fut partagé.

La soirée continue sur un café-terrasse - lecture de la poésie du Nicaragua - en anglais et en espagnol - accompagnée de musique - de projections vidéos.

Les visages inconnus s'épanouissent en sourires, regards, amitiés...

Le lendemain, avant de quitter la ville, Raquel la vive, spontanée, jeune écrivaine, lauréate du prix des contes, m'emmène à la plage. Fruits de mer, l'émeraude paisible et liquide entre les rochers, et les fous rires...

J'y retournerai volontiers...

 

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, 2008. Sumana SINHA - d'origine indienne vivant depuis 8 ans à Paris; auteur, traductrice

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VIDEOS

Trapèze des langues



Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)


Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)



Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali - Sumana Sinha, peintre Jean-Philippe Delacourt

LexisArte
 
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