Oliver
Twist indien ? Et oui, cela doit bien exister. Dans les bidonvilles au pied de toutes les grandes villes de l'Inde, dans les villages mutants et dans les villes gargantuesques,
il doit bien y avoir des enfants, de petits-soldats. Leur propre vie devenue le champ de bataille. Ce film britannique me touche pour plus d'une raison. J'apprécie ce regard
anglais, affectueux, posé sur l'ancienne colonie; j'apprécie le sujet, dans les deux sens, de ce film. Le sujet, le protagoniste - un gamin issu des bas-fonds de la ville de Mumbai qui "touche le
ciel" en gagnant à "Qui veut gagner des millions ?"; le sujet, l'intrigue du film - un gamin issu des bas-fonds de la ville de Mumbai qui "touche le ciel" en gagnant à "Qui veut gagner des
millions ?". Pour une fois, le cinéma sur l'Inde - soit, ce n'est pas un produit indien - ni film d'auteur - s'intéresse d'une manière réaliste au peuple, sans le folkloriser, sans mettre le
paquet de kitch. Notre sujet n'est pas maître de tout, dès sa réussite fulgurante, il est arrêté par la police, tabassé, interrogé, torturé - c'est si invraisemblable comme exploit pour celui qui
était si mal loti ! Mais pour ce Gavroche indien, la rue était l'école. Comme inspiré d'un titre de Maxime Gorky : Mes universités, qui ne sont autre
que le monde, notre monde, la rue... Face aux interrogatoires, notre Oliver Twist raconte...
Encore une fois c'est la ville impossible, Mumbai, avec 14 millions d'habitants, parfois avec une densité de presque 1 million d'habitants au kilomètre carré, la ville où le seigneur est Ganesh (link)- capitale commerciale de l'Inde où les escrocs des orphelinats mutilent les enfants pour en faire des mendiants, les gangsters règnent, et pourtant "quand le Dieu veut se montrer généreux, il vous donne en crevant la toile du ciel"- selon un proverbe indien. Inspiré d'un roman de Vikas Swarup, le film de Danny Boyle (link), une sorte d'Oliver Twist indien, a convaincu et le peuple, et les jurys - Golden Globe et bientôt peut-être Oscar (link). Tragique, drôle, horrifiant, ce paysage mouvementé ne manquera pas d'émouvoir les âmes sensibles...
Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, 2008. Sumana SINHA - d'origine indienne vivant depuis 8 ans à Paris; auteur, traductrice

Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)

Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)

Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali - Sumana Sinha, peintre Jean-Philippe Delacourt