"Vous procédez par image ?" - me demande-t-il. "Ah...umm... Je ne procède même pas... Les images viennent toutes seules... C'est si rapide, c'est une fusion... Dès que je prononce un mot, dès que j'écris un mot, il se transforme en image !" Il a cité : "J'aime Antoine comme j'aime une station solitaire dans la campagne qui s'éloigne derrière le train fugitif." Il cite encore des passages de mon roman, il évoque : "La vérité change de couleur. Les vérités cohabitent. C'est un patchwork", et, instantanément, je vois et je dis ou je dis et je vois les vérités-étoiles, cachées dans la lumière du jour. Un vers de Tagore vient à cet instant-là à mon esprit : "Toutes les étoiles de nuit sont cachées au plus profond de la lumière du jour"... "Vous procédez par image ?" - "Ah...umm... Je ne procède même pas..." Alain Veinstein a cet art de nager au fond d'un texte, il reconnaît très vite le lit de sable, les traces des vagues, le sommeil et l'orage. Il a ses mots bijoux, discrets et parfaits, illuminant juste le chemin de la pensée de son interlocuteur. Ce que j'ai été. Son interlocutrice. Pour son émission "Du jour au lendemain" sur France Culture (diffusée le 19 nov. à 23h30 ).
Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, sorti depuis le 21 août - Interview à l'émission "Du jour au lendemain" d'Alain Veinstein sur France Culture (diffusée le 19 nov. à 23h30 ).
24773
Je est un Autre. Ici c'est l'Autre de moi, de mes émois... Je vous parlerai...de ma vie
virtuelle, de ma vie quotidienne, de mes rêves aussi....de mes errances de Calcutta à Paris, le soir dix heures et demie à Sarat Bose Road à Calcutta, les colonnes nues, la cour intérieure rouge
de la maison de deux jours à Pondichéry, les plantes froides autour de la cour, une balançoire, les coussins jaunes oranges dans la balançoire, le brouillard du premier soir d’automne à Paris, un
pont, une main qui a hésité deux fois, le lac vert des yeux, la chemise roulée jusqu’aux coudes, la blancheur de la chemise, et se noyer la tête dans ses bras - l'amour ou presque - je vous
parlerai de ces abeilles qui bourdonnent dans ma tête...

Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)

Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)

Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali Sumana Sinha (meghna), peintre Jean-Philippe Delacourt
Derniers Commentaires