Lundi 28 juillet 2008
 


il faisait chaud ... le ciel stagnant.... elle trébuchait sans cesse sur le même morceau de sa musique à lui... le même rythme ... la même vitesse...  et maintenant il se contrôle et se plonge plus profond ... il trouve son chemin dans le sable mouvant, dans le marécage... elle est une fleur carnivore... elle ne veut pas le lâcher... elle éclate de rire et il éclate de rire et ils ne savent pas qui est en train de dévorer qui ... qui est en train de tuer qui... la peau brille comme le soleil brûle ... s'il pleut, elle sera trempée, ils seront trempés... ils recommenceront à jouer avec sa main à lui et le décolleté en broderie blanche à elle...


 

nous ne sommes pas seuls même lorsque nous le sommes, physiquement - nous sommes la continuation des moments, la compilation des Autres... la pureté, dans ce sens, est une aspiration du moyen-âge - nous sommes, je suis, un collage, un cocktail, un patchwork, une potion magique de tant de pensées, rêves, mots, regards, chuchotements, silence, attente, désir des Autres...

les mots sont comme les échos, toujours; ils vous suivent, vous et vos émotions; ce n'est pas comme se plonger directement dans l'eau et sentir la fraîcheur; ce n'est pas comme danser en short en jean et sentir les perles d'émeraude sur votre peau tandis que d'innombrables langues dorées de la lumière glissent sur vous de la tête jusqu'aux pieds... ce n'est pas comme toucher l'espace granuleux de la toile et l'éclabousser avec de la peinture... non dans l'action, mais en réaction, les mots.... pourtant... comme vous vous laissez emporter... le rythme vous attrape.... les mots à flot ... et vous nagez et vous dansez et vous caressez et vous souriez et vous désirez ... encore plus.... lorsque vous écrivez....

...



lorsque j'écris, maintenant, assise jambes croisées sur ce fauteuil, en face de la structure en verre-acier-transparente-ouverte, mon ordinateur portable pesant sur mes cuisses, les chauffant, créant des tatouages éphémères sur ma peau chocolatée brillant du bain, mes bras nus à peine movant, seulement mes mains, en mouvement, les doigts traçant les lettres sur le clavier... ce n'est que cette partie de moi est concernée lorsque j'écris - est-ce que je ressens quelque chose, la moindre des choses, tout, partout, ailleurs ?  quelque part au fond de moi ? lorsque j'écris, ces mots, ariel black sur le support d'overblog, sont-ils prononcés à l'intérieur de moi ? où sont-elles les cordes vocales ? ce que je ressens et ce que j'essaie de lui faire ressentir n'est-il que l'absence ? tout ce qui manque, tout ce qui n'est pas son ni odeur ni toucher ni regard ni sourire ni hurlement fusionnés dans une brume devenu l'attente étouffant sous la gorge l'aggripe avec son intensité et son absurdité amusée  et l'absence est transformée en mots, le desir pour le desir est devenu le desir en soi et du vide se réveillent maintenant les mots...

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : Au fil des mots
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  • : meghna
  • nuage-9
  • : Femme
  • : 27/06/1973
  • : Paris
  • : photo littérature arts Films La Différence
  • : Une passerelle entre deux mondes : d'origine indienne(bengalie) vivant depuis 7 ans à Paris, auteur, traductrice, "Fenêtre sur l'abîme" - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, 2008

Une Indienne à Paris

 

Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, sorti depuis le 21 août - Interview à l'émission "Du jour au lendemain" d'Alain Veinstein sur France Culture (diffusée le 19 nov. à 23h30 ).

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Je est un Autre. Ici c'est l'Autre de moi, de mes émois... Je vous parlerai...de ma vie virtuelle, de ma vie quotidienne, de mes rêves aussi....de mes errances de Calcutta à Paris, le soir dix heures et demie à Sarat Bose Road à Calcutta, les colonnes nues, la cour intérieure rouge de la maison de deux jours à Pondichéry, les plantes froides autour de la cour, une balançoire, les coussins jaunes oranges dans la balançoire, le brouillard du premier soir d’automne à Paris, un pont, une main qui a hésité deux fois, le lac vert des yeux, la chemise roulée jusqu’aux coudes, la blancheur de la chemise, et se noyer la tête dans ses bras - l'amour ou presque - je vous parlerai de ces abeilles qui bourdonnent dans ma tête... 


Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)


Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)



Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali Sumana Sinha (meghna), peintre Jean-Philippe Delacourt

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