Enfin rentrée de l'Espagne ! Trois jours à Cartagena - ville construite sur des ruines romaines.
De l'aéroport d'Alicante la voiture officielle du Festival de Jeunes Talents de la mairie de Cartagena m'emmène vers le soleil doux, le vent frais à la tombée de la nuit, les rues lentes et les
cafés-terrasses tardives. Alberto, l'adjoint du responsable culturel de la mairie de Cartagena m'accueillit avec Iris, l'interprète - tous deux tout jeunes - dans le bar vide de l'hôtel on
discute de la polémique de la féminisation de certains termes tels "écrivain", "poète", "ministre" - la vraie question est-elle dans les mots ? Les maux, s'apaisent-ils ainsi ?
Javier l'éditeur, Patricio le responsable de l'activité culturelle, m'accompagnent dès le lendemain matin. Première rencontre avec la presse autour du petit-déj - télé/radio/journaux/jus de
fruits/pains au chocolat...
Ballade ensuite près de la mer, tourisme culturel, car la ville entière qui est engagée pour ce festival artistique-littéraire, ne se limite pas aux salons et aux salles de conférences - elle est
étendue dans les rues et devant la mer. Juan delGabo nous fait vivre l'instant d'angoisse, de peur, d'espoir noyé et de mort trop injuste des immigrants venus de l'autre côté de la mer - dans les
bateaux clandestins : dans une boîte dressée sur la plage le spectateur est face à un écran où monte et meurt la mer au pied des fugitifs, eux disparus, absents, désormais un tas énorme de
chaussures bloque la vue, et le bruit orageux de la mer étouffe l'air.
On fait un virage dans d'autres salles d'expo - dans le Pabellón de Autopsias : étonnante œuvre de Javier García Herrero, peintre de 25 ans - ses tableaux sont joyeux de couleur, complexes et profonds d'humour noir, souvent les phrases ou fragments de mots prennent forme,
deviennent espace, objets, collage...peinture.
Après le déjeuner vers 15h, je remonte à ma chambre d'hôtel - j'aime sentir le carrelage frais de la salle de bain sous mes pieds nus encore chauds du jour -
Vers 18h rendez-vous à la radio - devant la présentatrice, Javier, Patricio et moi, nous décidions sur place notre modus operandi; elle, devant son micro, délaisse soudain la courtoisie feutrée,
ne cache pas son émerveillement. On enchaîne un autre entretien radio - cette fois via téléphone. Puis un entretien télé -
La lecture principale de notre recueil de poésie bengalie en espagnol a eu lieu dans une des ruines romaines, aménagée en espace culturel, couvert d'un toit de verre, à travers lequel le
ciel et les passagers se penchaient vers nous. L'interprète Iris lisait la version espagnole - accompagnée d'une flûtiste, dès le deuxième poème, j'oublie le cadre, mon devoir de charmer, mon
besoin de charmer, j'entre dans la peau de chaque poème, vaguement illuminée par la lueur des regards des gens devant moi, je nageais heureuse dans les vers...
Et le bonheur fut partagé.
La soirée continue sur un café-terrasse - lecture de la poésie du Nicaragua - en anglais et en espagnol - accompagnée de musique - de projections vidéos.
Les visages inconnus s'épanouissent en sourires, regards, amitiés...
Le lendemain, avant de quitter la ville, Raquel la vive, spontanée, jeune écrivaine, lauréate du prix des contes, m'emmène à la plage. Fruits de mer, l'émeraude paisible et liquide entre les
rochers, et les fous rires...
J'y retournerai volontiers...
Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, 2008. Sumana SINHA - d'origine indienne vivant depuis 8 ans à Paris; auteur, traductrice

Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)

Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)

Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali - Sumana Sinha, peintre Jean-Philippe Delacourt