Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 13:49

 

 


Commençons par le commencement. C’est prescrit. C’est bien.

Arrivée à la gare, la Gare du Nord, grincheuse puisque je ne suis pas matinale, je remarque une foule plus dense et agitée que d’habitude. Une grève. Pour une fraction de seconde je pense : « Alors je vais retrouver mon lit et mon sommeil du midi ! » …Plus tard, à l’auberge de Mme Yolande Moinard, « Auberge du Bahot », on rit, on me taquine, de mon besoin insatiable du sommeil, d’un lit bien chaud, d'une couette épaisse - le monde s’agite autour de moi et je dors. Le monde s’agite autour de moi tandis que je balance d’un pied à l’autre et téléphone sans cesse à Jean. Jean Le Boël, poète, l’éditeur des éditions Henry, qui invite depuis des années les poètes dans sa région du Nord-pas-de-Calais, en collaboration avec la Maison de la poésie de la région. Il y aura donc les grands, les plus célèbres, comme le sommet de la poésie française contemporaine, tel Michel Deguy (comme dans les années précédentes, Marie-Claire Banquart, Lionel Ray, Guy Goffette…)…puis aussi, ceux qui sont moins connus, qui sont jeunes, qui sont aussi comme « une passerelle entre la France et un pays étranger", moi. Malgré la grève, on arrive à trouver un train qui nous approche du Nord. Si la montagne ne vient pas à Mohamet, Mohamet viendra à la montagne. Jean vient nous chercher à Arras, qui n’est pas moins d’une heure et demi en voiture de Berck - la première ville qui nous accueillit. Le trajet passe en compagnie de bonnes gens et de belles lettres. Le gris du ciel se confond avec les champs interminables, gris eux aussi. Les lignes légèrement ondulantes, plus souvent dociles et allongés toutes plates.


Arrivés à Berck nous nous dispersons. Notre hôte Jean nous confie chacun aux mains des proviseurs et des professeurs du collège et du lycée, ou encore aux mains des élèves. Au collège Notre-Dame de Berck on me demande si je vis bien avec mon écriture. Moi qui suis dans un va-et-vient incessant entre mes mots et ma vie quotidienne. Moi pour qui les mots deviennent le miroir même. Je vis oui sans doute avec et devant mon miroir. Bien ou mal, peu importe ! En tout cas je me rajeunis sans doute parmi ces âmes pures, pleines de curiosité et de tendresse.


Ensuite, découverte du "Jardin des poètes". Le maire de Verton a consacré un morceau de verdure devant sa mairie aux noms des poètes, ceux qui ont participé jusqu'à présent à cette rencontre, ont l'honneur de voir leurs noms gravés sur la plaque dorée du monument de ce jardin !

La soirée passera ensuite en compagnie de très grand, poète et philosophe, Michel Deguy, avec son recueil « Donnant donnant » ou encore « Gisant ». Poésie profonde, énigmatique, poésie qui demande l’intelligence du cœur. Ensuite Arlette Chaumorcel. Poésie de la vie intime, de ses trajets émotifs...Puis Michael Curtis - poèmes de la situation, les petits drames du quotidien, qui deviennent énigmatiques, secrets...vers la fin, les mots prennent l'envol...

Autour du cocktail chaleureuse Michèle et son petit voisin Pierre, qui rêve de devenir écrivain, Francis - l'époux d'Arlette, photographe talentueux...

Lendemain la parole sera à Romain Fustier - jeune poète, éditeur d'une vieille jeune revue "Contre allées" - poète d'amour, troubadour...Ensuite moi, vous qui connaissez mes morceaux d'azur, ma fenêtre sur l'abîme...je vous laisse deviner la séquence. Ensuite, Georges : humour noir, provocation linguistique, expérimentation et jeu des mots....


Au chemin de retour Jean l'organisateur, ami, m'accompagne avec son épouse Isabelle - peintre, jusqu'à la petite gare de Verton. L'après-midi touchait à sa fin. Une lueur rose orange filtrait à travers les jeunes arbres fleuris que j'appelais par erreur les cerisiers japonais....un calme régnait tout autour... avant de monter dans le train, avant de dire au revoir à Jean et à Isa, je ressens cette chose, le noyau infracassable de la nuit qui venait, l'exquis petit instant dans une gare solitaire, cette chose nommée la Poésie.

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, 2008. Sumana SINHA - d'origine indienne vivant depuis 8 ans à Paris; auteur, traductrice

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Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)


Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)



Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali - Sumana Sinha, peintre Jean-Philippe Delacourt

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