Il entrait en moi. Il transgressait mon territoire. Il s’enfonçait au plus loin de moi, au plus profond. Je le rencontrais en moi pourtant comme dans une zone
étrangère. Nous nous rencontrions dans une zone étrangère. Comme dans le désert glacé de la frontière, deux soldats de deux côtés des barbelés, creusant l’un vers l’autre un chemin, aveuglément.
Nous creusions le chemin l’un vers l’autre. Comme fouiller le sable dans la nuit pour trouver la source d’eau. Nous avions soif. Oui toujours. Nous tendions nos lèvres l’un à l’autre comme une
plante mourante se penche vers la terre moite. Nos lèvres arrachaient les unes des autres le dernier souffle de vie. Il fallait que nous nous embrassions. L’instant après, c’était la fin du
monde.
Je est un Autre, ici, l'Autre de moi, de mes émois... je suis devant ce miroir, ce miroir des mots et des images...Je parlerai de ma vie réelle, aussi de celle qui est rêvée. Je vous parlerai de mes errances : le soir dix heures et demie à Sarat Bose Road à Calcutta, les colonnes nues, la cour intérieure rouge de la maison de deux jours à Pondichéry, les plantes froides autour de la cour, une balançoire, les coussins jaunes oranges dans la balançoire, le brouillard du premier soir d’automne à Paris, un pont, une main qui a hésité deux fois, le lac vert des yeux, la chemise roulée jusqu’aux coudes, la blancheur de la chemise, et se noyer la tête dans ses bras - l’amour ou presque. Je vous parlerai de ces abeilles qui bourdonnent dans ma tête.
Mon recueil de
20 poètes bengalis traduits en français, préfacé par Lionel Ray, publié à Paris (2007)
Mon recueil de 12 poètes bengalis traduits en français et en espagnol publié à Murcie
(2005)
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