Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /2008 12:33



Un bateau arrive à Londres...il pénètre un de ses nombreux canaux, touche presque la terre, sombre, secrète, labyrinthique. La  coque géante du bateau guette la ville, perchée sur son ciel...Un homme rentre dans son pays...Un homme hanté par son lourd passé.

Une simple ligne d'intrigue : la vie harmonieuse, amoureuse d'un homme, un modeste barbier, est brisée à cause du piège mesquin d'un autre, puissant, le juge. Faussement accusé, il fut obligé de quitter le pays. Il revient obsédé par la seule idée de vengeance. Il y aura aussi la boulangère sans clients, sans de quoi préparer ses tourtes, derrière sa vitrine poussiérieuse, dans son décor miteux...et secrètement amoureuse de notre homme, le barbier. Il trouve là un refuge, et ses lames fidèles, ses rasoirs, son bras est désormais complet. Commence un macabre complot, le dernière secours de ceux qui ont tout perdu...
Commence la boucherie du barbier qui croit que tout homme est indigne, tout homme n'est qu'un ver de terre...Et sa collaboratrice la boulangère sert les tourtes à la viande bien délicieuses, les clients ne quittent plus sa maison, désormais accueillante. Comment va-t-il trouver le juge criminel, comment va-t-il trouver sa fille de quize ans, élevée, prisonnière du juge, qui est cette folle mendiante errante dans la ville, comment arrivera-t-il à se venger de toute l'injustice qu'il a subi...à vous de découvrir...Sweeney Todd - dans ce merveilleux film de Tim Barton, avec le magistral Johnny Depp et la brillante Helena Bonham Carter la boulangère. 

Dans une ambiance très Dickens, les bas fonds de Londres (on pense aussi à L'Opéra de quat'sous) dont la nuit préserve les germes de la révolution industrielle, où les pauvres sont de plus en plus pauvres, les enfants ont encore droit aux coups de bâton au moindre délit, les rats rôdent dans les rues et les ruelles et ainsi les hommes, traînent dans les égouts - ce film musical bascule entre le réalisme cruel et le fantasme enchanteur. Tim Barton a ce génie de verser litres et litres d'hémoglobine sur l'écran, de sensibliser les spectateurs à la boucherie juste comme il faut, et en rester distant à la fois...Un équilibre parfait entre le réalisme et la fantaisie, entre la sensibilisation et la distraction, entre le réel et l'excès...Arrêt sur images : lorsque le barbier et la boulangère chantent en duo, mais chacun impitoyablement seul dans son récit, l'un pour sa vengeance, l'autre pour son désir d'amour, un chassé-croisé où l'un recontre l'autre, mais pour le perdre, pour s'enfuir...Aussi, lorsque le barbier et son ennemi le juge, chantent ensemble, tous les deux, un éloge des femmes, n'est-ce pas la vertu et le vice qui cohabitent, qui s'entremêlent pour un instant...? Et l'homme enlace presque son ennemi...pour mieux lui trancher la gorge...à la fin...

Ceux qui cherchent les symboles, ils les trouveront. 
Ceux qui cherchent une simple histoire agréablement racontée, ils la trouveront.
Ceux qui cherchent à être émerveillés...ils seront...émerveillés...

Par meghna - Publié dans : Film - Communauté : Parlons d'amour
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Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, 2008. Sumana SINHA - d'origine indienne vivant depuis 8 ans à Paris; auteur, traductrice

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Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)


Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)



Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali - Sumana Sinha, peintre Jean-Philippe Delacourt

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