Lundi 31 décembre 2007 1 31 /12 /2007 14:18


Comment ai-je pu oublier ? Ou peut-être ce n’est que normal. C’est peut-être dans l’ordre des choses. Dans l’ordre de ce livre. Puisqu’il s’agit d’oubli. Ainsi par redondance, par la secrète harmonie inconsciente, j’ai oublié de parler de « Meuse l’oubli ». De Philippe Claudel.

 

Pourtant j’ai été éprise de ce livre. C’était l’été dernier. Fin d’été. Pourtant il ne s’agissait pas d’une lecture sur la plage, odeur de la mer, au soleil brûlant sur les cimes des vagues, le monde tout autour s’agitant sur le sable, dans l’eau, se bataillant pour un ballon rouge, pour un baiser…Non. C’était l’été. Mais confinée dans mon appartement, puis dans ma chambre, dans mon lit, car au fur et à mesure de ma lecture, j’entrais dans un cocon, aller au salon, m’allonger sur le canapé signifiaient trop de dispersion, il fallait que je me concentre sur ces pages, il fallait que je me centre sur ces pages. Cent cinquante pages, à peine. Il fallait boire cela à coup sec. Sans penser à autre chose. Sans diluer avec d’autres éléments plus légers de la vie. Ce n’est pas un livre à cocktail.

 

« Je buvais souvent alors de ces petits vins blancs du Rhin, sans nom, en pensant fort au cul de Paule. » Si la toute première phrase est imbibée des pensées, alors le reste, jusqu’au dernier mot le travail sera de l’oubli.

 

Oublier celle qui fut la source de lumière, de bonheur, de plaisir, celle qui fut l’amour, celle qui est morte.

 

 

 

Comment oublie-t-on ?

 

Oublier comme les fresques romaines sous un coup de vent. Oublier comme plonger les aquarelles dans l’eau. Oublier comme immerger les icônes des dieux dans le Gange et voir fondre dans l’eau leurs corps de glaise.

 

Tout un travail d’oubli. Tout l’effort. Chaque jour. Enterrer un centimètre de plus dans la terre. Jeter une poignée de plus de terre dans le fossé. Oublier.  

 

 

Et revenir à la Vie par un petit rien, pour un petit rien. Grâce à l’élégance d’un simple geste, d’une frêle présence. « …une promesse rousse et claire, un jeune élan de chair, une flamme immodérée… » Recommencer la Vie. L’éternité : par ici…

 

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : Parlons d'amour
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Commentaires

La Vie nous appelle, nous incite à de perpétuels re-commencements, cependant elle est rude parfois, difficile dans un quotidien semé d'embuches. Reste ces mots du poète québécois disparu Félix Leclerc: " C'est un petit bonheur que j'avais ramssé, il était tout en pleurs sur le bord d'un fossé, il s'est mis à crier, il s'est mis à chanter, Monsieur attrapez-moi, chez vous emenez-moi" Puissions-nous ramasser ces petits bonheurs en regardant ce qui en parsème nos vies. Bonne fin d'année Meghna, et tous voeux pour 2008. @ +
Commentaire n°1 posté par Téo le 31/12/2007 à 17h42
Merci Téo ! Oui, ces mots sont en effet précieux !! On ramasse toujours les petits bonheurs qui pleurent au bord de la rue... Une merveilleuse année 2008 pour toi ! (ah, je ne sais plus si je t'avais proposé - mais si cela te chante/enchante, on peut faire un échange de liens !) A bt !!
Commentaire n°2 posté par meghna le 31/12/2007 à 18h47
Tu ne m'avais pas encore proposé et c'est avec bcp de plaisir que j'accepte et que je le fais de suite. @+
Commentaire n°3 posté par Teo le 31/12/2007 à 18h50
Meghna bonjour, Que cette première journnée de l'An nouveau soit pour toi et ceux qui te sont chers l'ouverture vers un a-venir meilleur. Si tu publies en 2008, je souhaite en être informé car je serai un des premiers lecteurs. Bises et Bonne Année.
Commentaire n°4 posté par Teo le 01/01/2008 à 11h32
je ne connais à la littérature , mais je crois que j'ais pris du plaisir à lire ton article , vais je oublier....,,??
Commentaire n°5 posté par gari le 01/01/2008 à 14h23
Gari, non, n'oublions pas au moins tout ce qui nous apprend à mieux oublier...
Commentaire n°6 posté par meghna le 01/01/2008 à 17h52
Ton blog est superbe, on découvre plein de choses, la mise en page très bien faite...
Commentaire n°7 posté par Erhan Turgut/Editeur le 01/01/2008 à 17h59
Tous mes voeux pour cette nouvelle année 2008 qui, je l'espère, sera très riche en découvertes, en lectures, en écriture... Je suis vraiment épaté par tout ce que vous faites, il est fort rare de faire la connaissance, virtuelle certes, d'une personne aussi bien en tous points que vous. La culture, la littérature, la richesse des langues, et surtout, j'espère que vous parviendrez à créer un "lien" qui se veut fort entre les cultures française et indienne ; après tout, rien n'est impossible, et ce n'est surtout pas la distance géographique qui représentera le moindre obstacle. Enfin, j'apprécie votre plume : votre blog est très intéressant ; le parcourir et le lire est un véritable plaisir et c'est une véritable richesse. Bonne année ! Et tous mes encouragements... Baptiste Delporte
Commentaire n°8 posté par Baptiste Delporte le 01/01/2008 à 18h00
Super blog !
Commentaire n°9 posté par Muriel Verstichel/Poète le 01/01/2008 à 18h01
quel plaisir de te lire, quel mystère l'écriture, tout s'y dévoile, ton temperament joyeux, ton intelligence !
Commentaire n°10 posté par FRANCISCO TORRES MONREAL le 01/01/2008 à 18h04
Merci et bravo pour votre blog; j'aime beaucup les photos.
Commentaire n°11 posté par Georges Molinié le 01/01/2008 à 18h06
Teo, merci beaucoup et en 2008 en effet je compte à publier, surtout mon roman - mon premier roman en français et mon premier roman tout court ! alors, dès qu'il y aura la bonne nouvelle, tu la sauras - avec grand plaisir je compterai parmi mes lecteurs...aussi, si tu aimes la poésie tu peux chercher ce recueil de 20 poètes bengalis traduits en fraçais - éd. Le Temps ces cerises..."Tout est chemins" ! à très bt et superbe année 2008 !!
Commentaire n°12 posté par meghna le 02/01/2008 à 00h07
j'essaie de te joindre, je fais comment??? Ainge@hotmail.fr et efface vite...
Commentaire n°13 posté par AingeruA le 08/01/2008 à 16h32

...

 

Fenêtre sur l'abîme - premier roman directement écrit en français - éd. de la Différence, 2008. Sumana SINHA - d'origine indienne vivant depuis 8 ans à Paris; auteur, traductrice

...

VIDEOS

Trapèze des langues



Recueil de poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)


Recueil de poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2006, éd. Lancelot)



Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali - Sumana Sinha, peintre Jean-Philippe Delacourt

LexisArte
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés