Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /2008 12:09
Uday Prakash :
 
 

Dans la préface de ce recueil de nouvelles il confie qu’il est comme ce potier qui par hasard un jour soit par erreur soit pour un besoin quelconque avait tissé une chemise ; depuis, tous commencèrent à l’appeler couturier. Ses clients ne venaient plus chez lui acheter les pots et les poteries, mais ils venaient pour le tissage des chemises et des pantalons. Uday Prakash, romancier reconnu, conteur par hasard.

Ici il s’agit d’un recueil de douze nouvelles. Au début, comme dans la vraie vie, l’enfance, les souvenirs d’enfance. Racontés de telle sorte, enchaînés de telle manière que se construit presque un récit de souvenir d’enfance. On peut y suivre le glissement du temps, voir le temps mûrir, et la vie avec, l’enfant grandir, et ainsi scintiller les mille morceaux des souvenirs, les plus simples, les plus banals, les plus cachés. Dans les nouvelles suivantes le « je » de l’auteur est un peu diffus, distancié.   

Il s’agit aussi d’un réalisme minutieux. Tel un artisan qui sculpte son objet de bois, Uday Prakash cisèle les détails de ses personnages, de chacun de leurs gestes, des paysages… La vie modeste des gens du « peuple » en Inde, l’odeur de la terre et la marée haute, les fourmis rouges cachées sous les racines des arbres et qui connaissent peut-être certains secrets de ce monde mieux que l’Homme, les merveilles des champignons pittoresques et vénéneux et les seins d’une adolescente, aussi secrets, aussi interdits, aussi enchanteurs, la nature et l’Homme, la vieille maison d’ancêtres qui allait vers la ruine, ses murs poreux et son toit affaibli,  il semblait qu’il s’y installait toute une autre vie (…), celle qui est autre et étrange, qui décidait dans la nuit de la mort lente de ce foyer ». Et de toutes ces anecdotes émane une lumière, celle d’une vision spirituelle, poétique, parfois teintée d’un certain moralisme.  

            Ce que j’ai aimé c’est cet artisanat textuel, ce tableau parfait de la vie indienne. Ce que j’ai moins aimé c’est le message moral à la fin de chaque nouvelle, qui réduit un peu, parfois beaucoup le charme littéraire et rend le texte artificiel. Une fois habitué à ce style, en tant que lectrice je soupçonne déjà dès la première ligne des nouvelles suivantes ce complot moraliste, je me sens piégée par ses leçons de valeur, ses lamentations sur un monde cruel et meurtrier.

             

            Note de lecture ? Umm… Agréable au début. Déception vers et par la fin. Mais quoi ? Une critique n’est jamais une éloge ! Non ?

Areba Pareba : Uday Prakash - éd. Penguin (version hindi)

Par meghna - Publié dans : littérature - Communauté : Parlons d'amour
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