Dimanche 6 janvier 2008
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Ailleurs : C’est un pays qui célèbre sa Journée de la Diaspora. Rappelons ici la pertinente remarque du célèbre écrivain indien Amitav Ghosh sur ce sujet -  d’après lui l’aspect le plus intéressant de l’« indianité » est justement que l’Inde ne tient pas tout entière en une même place et c’est crucial. Il croit que c’est la voie du futur pour beaucoup de civilisations telles l’Inde, la Chine, l’Angleterre, la France pour lesquelles l’Etat-nation est remplacé par de vastes essaims diasporiques. L’aspect de la diaspora est devenu tellement important que le gouvernement indien désormais distingue et préserve ses brebis perdues de vue et si précieuses : il leur délivre les cartes de « citoyen indien d’outre-mer », facilitant ainsi leur entrée et sortie du pays. Dans les années 80, 90, les intellectuels et les politiciens de l’Inde s’inquiétaient du « brain drain » - fuite des cerveaux, désignant la masse des étudiants qui, après avoir gagné leurs diplômes dans les universités indiennes, partaient aux États-Unis, en Angleterre, ou encore au Canada, pour s’y installer pour la vie. Aujourd’hui le nouveau slogan est « brain gain » - bénéfice des cerveaux. Selon une étude, sur 20 millions d’émigrés indiens, 2 millions vivent aux Etats-Unis et ils sont à l’origine d’un tiers des transferts de capitaux vers l’Inde. Le poids sur la conscience soulevé, le « déserteur » d’autrefois est transformé en bienfaiteur. NRI – Non Resident Indian ( l’Indien résidant à l’étranger) brille non seulement sur le plan macro-économique, mais aussi sur le plan social, le NRI valant le profil lucratif d’un futur gendre. D’autre part, les cousins riches se sont décoincés, se sont montrés bras ouverts. Les jeunes diplômés indiens, formés dans les meilleures universités, leur fournissent la main d’œuvre et une compétence de la plus haute qualité en informatique et en ingénierie. S’ajouteront ici des businessmen, des médecins, des universitaires qui se trouvent intégrés directement aux classes supérieures américaines.

Post n°4... à suivre...  

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Samedi 5 janvier 2008

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Un après-midi chez Coffee Day : Sur le mur les écrans plats où défilent les clips de MTV. Chaîne américaine du café. Chaîne américaine de la télé. On y sert le latte et les donuts. Notre envoyé spécial d’un journal français y fera la connaissance d’un certain Vivek ou Anoop ou d’une certaine Riya. Habillés en jean Levis, en tee-shirt Gap et en basquettes Nike, ils dévoileront leur surprise devant ce changement radical de leur pays. Enfant, ils s’affolaient des cadeaux apportés par leurs oncles et leurs tantes vivant à l’étranger, en « Occident ». Aujourd’hui, jeune homme de 27 ans, 30 ans, jeune femme de 25 ans, purs produits de la fameuse classe moyenne, ils font rêver toutes les grandes marques internationales et indiennes : l’Inde, plus précisément sa classe moyenne est devenue ce gigantesque Gargantua qui dévore tout ! Et l’enfant-monstre grandit chaque nuit. Vivek, 27 ans, déjà se sentira dépassé, vieux jeu, devant son frère cadet de 17 ans qui change son portable chaque mois. Certains entre eux avoueront que cette métamorphose leur semble trop brutale. Pour d’autres ce n’est que la règle du jeu, l’inévitable course du Temps. Autant en profiter ! A l’époque de leurs parents, faire un emprunt à la banque était presque tabou ; aujourd’hui ils commencent leur nouvelle vie, leur vie de couple dans un nouvel appartement, acheté à crédit. Leurs mères achetaient les parures qui pesaient lourd, la beauté était égale au poids des bijoux. Aujourd’hui, leurs compagnes donnent plus d’importance à la marque, se montrent branchées en s’emparant d’un collier ou d’un bracelet de « design ». Les jeunes entrent dans les call-centres – les innombrables centres de l’informatique, qui poussent plus vite que les champignons sur un terrain moite, où travaillent nuit et jour les informaticiens et les ingénieurs pour régler les problèmes de l’internet de tous les coins du monde – se font de l’argent et continuent leurs études par correspondance. L’Histoire aura toujours ses enfants rebelles, ses enfants marginaux : écœurés par la grande machine à consommation, certains choisissent la voie du dépouillement matériel et partent à la recherche du, ce qu’on appelle, spirituel. Ainsi, ce sera rare mais pas impossible de rencontrer un ancien informaticien ou économiste qui est devenu guide de haute montagne à l’Himalaya, ou travailleur bénévole dans un orphelinat ou encore, sadhu, moine hindou, errant dans la nature encore vierge.
Ceux qui sont restés dans les villes, auprès de cette machine en pleine marche, ceux qui sont conformistes, ceux qui sont rusés, réalistes et matérialistes, en avalant la dernière goutte de Coca Cola acheté au Coffee Day, ils vont monter sur leur scooter ou à leur 4×4 pour zigzaguer dans les cauchemardesques embouteillages de la grande ville : New Delhi, Mumbai (Bombay), Bangalore, Calcutta ou Hyderabad…  
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Vendredi 4 janvier 2008

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Les dossiers et les numéros spécial –Inde :
Selon les médias français, et on suppose que selon ceux de beaucoup d’autres pays, l’Inde est une nation qui émerge d’un rêve telle une barque des brumes du Gange (Le Point, 6 juillet 2006). En effet, l’ancien sous-continent et la plus grande démocratie du monde veut désormais devenir un géant du pouvoir économique du nouveau millénium, grâce au Maharaja de l’acier Lakshmi Mittal (PDG de Mittal Steel, leader mondial de l’acier, fusionné aujourd’hui avec son rival européen Arcelor)  et des milliers d’informaticiens et d’ingénieurs (2,4 millions chaque année), grâce à une main-d’œuvre de haute qualité et d’une croissance de 8% par an, sans oublier sa diaspora d’un grand potentiel aux quatre coins de la planète. La carte de l’Inde se dessinera aujourd’hui : au nord, l’Himalaya et au sud, la cité de l’informatique - la Silicon Valley (Bangalore). A la fois ancestrale et moderne, l’Inde est un pays de contradictions, pour ainsi dire, où cohabitent le système des castes et le centre nucléaire, les pèlerins et les scientifiques spatiaux, l’émergente classe moyenne avec un pouvoir d’achat étonnamment croissant et les 400 millions de pauvres qui vivent avec moins de 1 dollar par jour, les voitures du dernier cri garées au long des trottoirs où dorment les mendiants, les ouvriers du jour, les prostituées, les fous et malades – seuls ou en famille, sur la plaque de béton nue ou dans la hutte. L’Inde est aussi le pays qui va devenir un bouillon de culture où toutes les cultures et toutes les civilisations bientôt se trouveront mélangées. D’après Lakshmi Mittal, très médiatisé et reconnu comme l’emblème de cette Inde émergente, l’Inde est aujourd’hui sur une autoroute. La question qui se pose : faut-il aller plus vite et en est-elle capable ? (Le Point, 6 juillet, 2006, propos recueillis par Marie Bordet et Romain Gubert). Très justement Mittal a déjà appréhendé les dangers : faut-il fixer une vitesse maximale autorisée ? Faut-il créer une voie spéciale pour les véhicules lents ? (source : idem). Quoi que Lakshmi Mittal est confiant de dire qu’aujourd’hui, l’Inde est l’un des pays les plus sûrs et les plus attractifs du monde pour les investisseurs étrangers. Et avec lui, en jureront les médias français : le monde ne sera plus jamais le même avec le réveil de l’Inde. Sans nul doute là-dessus, déjà l’Inde, elle, n’est plus la même.


Post n° 2 : à suivre...

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Vendredi 4 janvier 2008

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A l’Est, quoi de nouveau ? 14 avril, 2007. 20h34. M6. Sur l’écran le narrateur/journaliste s’émerveille devant un Indien barbu, moustachu, conduisant son camion vers ses vignobles situés dans une région du nord de l’Inde. En effet, il y a vingt ans, parler d’un vignoble en Inde reviendrait à parler du surfing au Sahara. Aujourd’hui, non seulement les Indiens commencent à prendre la peine d’accommoder leur terrain, leur ferme, pour faire place aux plantes méditerranéennes, mais les Français à leur tour sont de plus en plus curieux et enthousiastes de ce changement et ainsi les médias consacrent de plus en plus d’articles, d’émissions, à la  transformation économique de leur voisin de l’Asie qui n’existait jusqu’ici qu’en tant que lande mystique et exotique, en tant que pays pauvre des grands hommes tels Bouddha, Gandhi, Tagore…  

            Monsieur l’Indien des vignobles réservait encore plus de surprises pour les téléspectateurs français : il dirigeait ensuite son camion vers son « château ». Un vrai, un grand, un très à la française. Oui ! Cet amateur de la gastronomie française, plus exactement de la viticulture, si loin de sa culture indigène où la bière irlandaise ou le whisky écossais importé et/ou maniéré à l’indienne était presque la seule potion magique, s’est lancé dans l’aventure tel un défi, tel un pari, contre les conseils et les découragements de ses proches inquiets. Chez les Indiens, faire fortune sera parfois,  souvent même, égal à faire le pont avec l’Occident. Les champs au bord de l’autoroute laisseront pousser les interminables blocs de bâtiments en béton, les gigantesques centres de shopping et les panneaux publicitaires sur l’ordinateur (hp, Dell et tant d’autres), sur le téléphone portable (Nokia, Samsung …) et sur la prévention du sida. 

Post n
° 1: à suivre...

 

 

 

 

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  • : meghna
  • nuage-9
  • : Marié/Pacsé/Union libre
  • : Femme
  • : Paris
  • : D'origine indienne (bengalie) vivant depuis presque six ans à Paris, je suis fascinée par la langue et la culture françaises. Auteur, traductrice, j'essaie de créer une passerelle littéraire/culturelle entre l'Inde et la France.

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Je est un Autre. Ici c'est l'Autre de moi, de mes émois... Je vous parlerai...de ma vie virtuelle, de ma vie quotidienne, de mes rêves aussi....de mes errances de Calcutta à Paris, le soir dix heures et demie à Sarat Bose Road à Calcutta, les colonnes nues, la cour intérieure rouge de la maison de deux jours à Pondichéry, les plantes froides autour de la cour, une balançoire, les coussins jaunes oranges dans la balançoire, le brouillard du premier soir d’automne à Paris, un pont, une main qui a hésité deux fois, le lac vert des yeux, la chemise roulée jusqu’aux coudes, la blancheur de la chemise, et se noyer la tête dans ses bras - l'amour ou presque - je vous parlerai de ces abeilles qui bourdonnent dans ma tête... 

 
 
 
 



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Mon recueil de la poésie bengalie contemporaine (20 poètes) en français - préfacé par Lionel Ray (Paris, 2007, éd. Le Temps des cerises)



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Mon recueil de la poésie bengalie contemporaine - livre trilingue - français, espagnol, bengali (Murcie, 2005, éd. Lancelot)

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Recueil de poèmes de Lionel Ray - Livre d'art - Traduction en bengali Sumana Sinha (meghna), peintre Jean-Philippe Delacourt

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