Un dimanche comme tous les autres dimanches pourtant pas tout à fait ! Julien Gracq est mort. Je ne le connaissais pas personnellement. Je le
reconnaissais au fond de moi, chaque fois, en lisant ses textes. Un quartier entier ou presque a été transfomé pour moi en un seul écho : Julien Gracq : sortant du métro Luxembourg, ou
encore descendant du bus 21 et laissant le Jardin de Luxembourg à gauche, puis en face, puis encore à gauche, en m'avançant vers le Rostand, sans y entrer, encore quelques pas, je vais vers
Julien Gracq, je vais vers son José Corti, je vais vers sa terre fidèle, je vais vers lui car je suis fidèle... en amour, comme en lecture, en amour de lecture... Je regarde la vitrine des
éditions José Corti. Je devine l'éditrice Raphoz derrière le comptoir. Chaleureuse et énergique Raphoz. Un jour nous avons parlé. De Julien Gracq. Aujourd'hui, je vais seule, mon regard
effleurant la vitrine, mon coeur serré, dessinant avec mon index sur une vitrine imaginaire couverte de brume, quoi ? Un nom. Un amour. Un seul et unique Julien Gracq. Absent. Pourtant si
éloquente votre voix.
Vous allez me manquer
Vous serez toujours présent
Vous allez me manquer
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