
Voilà une bonne nouvelle à partager avec vous : mon roman - mon premier roman en français et mon premier roman tout court - sera prêt pour la rentrée 2008 !
Il s’agit d’une double fiction : cette fiction qui a pour titre « Fenêtre sur l'abîme » et cet acte de choisir le français comme langue d’écriture.
C’est l’histoire de Madhuban, une jeune Indienne, du Bengale, qui regarde vers l’Europe plutôt que vers l’Inde : « L'autre nom du
bonheur est français », pensait-elle. C’est l’histoire de son passage de l'Inde à Paris, de ses errances de la Cité Universitaire à certains cercles d’intellectuels et d’artistes parisiens,
en passant par les manifestations, parmi les drapeaux rouges du printemps. C'est une « candide » perdue dans le labyrinthe de cette ville. Deux figures d’hommes illuminent et ombrent sa
vie, en alternance. Mariage avec un illustre professeur parisien, l’amour dans les chambres d’hôtels avec un autre, plus jeune, plus rêveur, plus fougueux. Si avec le premier le temps s’est
arrêté et il ne recommencera plus jamais, avec le dernier le temps est une aile blanche, la vie reprendra son vol : « La première fois que j’avais trompé Antoine c’était peut-être à
cause des couleurs. Je voulais sentir les herbes rouges et chaudes du tapis contre mes jambes, entre mes jambes. ». La vie se cachera dans les poches perdues des après-midi. Mais autant elle
s’enfonce dans le puzzle de cette ville, autant elle se croit « mauvaise en grammaire parisienne ». Le rêve du départ est perturbé par la nostalgie de son pays natal. Dans le labyrinthe
de cette ville les fantômes de sa vie précédente, sa vie indienne, la hantent. Et reste le trou noir, le tourbillon écrasant, qui est au centre, qui est le centre : son amour, David.
C’est elle qui conte son histoire, qui est présentée, intériorisée à la première personne. La personne d’en face peut être son psy, ou un ami.
« Je vous dirai tout, je suis ici pour ça. » Cet appel est peut-être lancé au lecteur ? Mais ses questionnements sont d’abord pour elle-même : « Mon corps le veut, moi je
ne le sais pas. C’est humiliant. Il connaît mon corps. Je ne le connais pas. C’est humiliant. » Lorsque le mariage s’effondre, lorsque l’amoureux disparaît, elle revient à elle-même, seule
avec son corps : « Lorsque je me mets sous la douche, l’eau tiède surprend ma peau. Ma peau abattue, arrachée de ma chair, ma peau qui a eu sa part de caresses et de violences tour
à tour. Et c’est moi qui la regarde, la contemple, l’aime. Sous l’eau. Comme une caresse. Au fur et à mesure je commence à aimer l’eau. Ma peau s’ouvre. Vers le plaisir. Le corps a de nouveau du
volume. D’ombre il devient une forme, une masse. Mon corps devient cet animal couleur de miel, cet être aux courbes éveillées, une femme avant de hurler de plaisir. Mon corps devient moi-même.
Intacte. D’abord et enfin, pour moi-même. »
J’ai voulu que l’écriture en soit poétique, à fleur de peau, vive, originale, toute de charme et de sensualité, que les phrases soient simples
et limpides, ce qui n’exclut pas une part de mystère. L’observation du paysage parisien et le voyage à l’intérieur de l’âme de cette jeune femme : la part du réalisme et la part de l’émotion
s’entremêlent. Mais ici l’écriture, le style, importent plus que l’intrigue ; n’empêche que c’est un sujet exotique, sans qu’il soit trop « exotisé ».
Présentation du roman
Droit d'auteur Sumana Sinha (S.G.D.L 2007.06.0197)
Je remercie mon époux, Lionel Ray (voir parmi mes liens), poète français, livres disponibles chez Gallimard, prix Goncourt de la poésie et beaucoup d'autres, qui fut mon premier lecteur et
critique.
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