Un matin, soudain, la vie se montre changée, totalement, profondément, la vie a pris ce virage inquitétant, a pris un visage monstrueux, cruel. Nadia, narratrice de
ce nouveau roman de Marie Ndiaye, découvre les visages hargneux, méprisants, haineux de ses voisins, collègues, élèves, sans comprendre la raison. Doit-elle se culpabiliser? Est-elle ignorante
d'une erreur grave commise par elle et/ou par son mari ? Est-il encore temps d'y remédier? Et comment? Et son mari, Ange, avec sa grave plaie au ventre, victime lui aussi de la haine des voisins,
des parents des élèves, est-il toujours du côté de Nadia? N'est-il pas secrètement dressé contre Nadia, sa femme bien aimée depuis des années? Pendant ce temps, la ville Bordeaux se couvre d'un
brouillard épais, immobile, tout comme ce mystère immuable autour de ses habitants.
Le roman de Marie Ndiaye peut être pris à la fois au premier degré et au niveau de toutes les autres couches secrètes de la vie humaine. L'identité est-elle celle qui est apparente ou surtout
pas, le contraire même ? Ce roman inquiète par sa douce violence, par son virage vers l'étrange tout en suivant le rythme banal du quotidien. Les mots justes, l'enchaînement évident des épisodes,
le ton doux et l'Absurde qui naît et s'impose naturellement : Mon coeur à l'étroit est en effet un grand roman, oui on est d'accord avec Patrick Kéchichian !
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